Contributions
Bonjour à tous,
Je soumets à notre réflexion commune trois thèmes qui illustrent le sujet : le jeu (et ce qu’il va devenir), les mythes d’origines, les flux de savoir (les réseaux) je les poste par étapes parce que le système ne prend pas tous en même temps
Le jeu
Les MMORPG (massively multiplayer online role-playing game) changent la donne. Ils vont vite cesser d’être réservés à des cohortes adolescentes. Les « espaces mentaux partagés » des mondes imaginaires dont ces jeux s’inspirent , sont des lieux et des moments d’intenses coopérations et collaborations : des territoires d’intelligence collective. Les hiérarchies s’y effacent partiellement au profit d’interactions transversales, le collectif l’emporte au détriment de l’ego, des comportements basés sur le réseau et le partage s’imposent face aux égoïsmes et aux réflexes de compétition. Ces jeux n’ont d’ailleurs pas pour finalité la victoire de l’un ou de l’autre, mais bien le temps passé ensemble à s’amuser et demain à oeuvrer ensemble. L’unique but est le plaisir, le maintien du processus de création collectif et d’une intersubjectivité forte.
Le mythe
La théorie Cuiva de la reproduction veut que la vie soit cyclique. L’origine de la société n’est pas le fait d’un héros culturel ou d’un couple mythique, mais l’émergence collective de toute la société qui se reproduit depuis et pour toujours. Les âmes des morts reviennent après peu donner la vie aux nouveaux-nés, ce qui implique que ces morts sont très vite oubliés puisqu’ils n’existent pas dans un quelconque ailleurs, mais bien parmi nous. Ce qui implique aussi qu’il serait inconcevable de croire les vieillards sur le point de se séparer de nous et de quitter la société.
Le réseau
Les réseaux sociaux, les blogs incarnent une nouvelle alchimie relationnelle – le peer to peer – qui est une démarche plus ciblée que celles des medias grand public. Wikipedia offre une plate-forme universelle – forcément sujette à polémique – qui tend à se substituer aux organes officiels du savoir. Autrement dit le registre de l’émancipation est celui de la remise en cause radicale de l’ordre descendant du savoir. Le lien du collectif est horizontal.
Pour conclure on peut espérer que le moi de chacun, en se creusant, débouche sur le nous .
Et pour finir une réponse à Karim : il y a là, sans doute, quelque chose de la noosphère de Teilhard de Chardin : cette « pellicule de pensée enveloppant la Terre, formée des communications humaines ».
Contribution de Christian Gatard, sociologue et sémiologue.
