Introduction

décembre 9, 2008 par Yasser Monkachi

matisse2Issue de l’intelligence collective, la capacité collective rassemble plusieurs capacités individuelles. Elle obéit, entre autres, au principe de synergie (1+1=3) et au principe systémique du tout est supérieur à la somme des parties.

 

Elle se verbalise par le « nous pouvons » qui est l’expression d’une capacité collective à faire, à créer et à réaliser. Cette expression est différente du « on peut » souvent dubitatif et du « je peux » souvent narcissique ; la volonté de tout faire tout seul et à la perfection est un driver bien connu en Process com’.

 

 

La capacité individuelle voit de plus en plus son âge d’or décliner au profit d’une capacité collective florissante. Ainsi la pyramide de Maslow vire au 2.0, les réseaux sociaux sont en effervescence et les apports individuels sont absorbés par des architectures en réseau.

 

pyramide-de-maslow-20

La complexité de cette toile est saisissante à plusieurs titres :

 

- Les besoins changent ;

- Les tendances changent ;

- Les technologies changent ;

- Les possiblités changent ;

- Les aptitudes aussi !

 

 

Et tout évolue à une vitesse vertigineuse. Cette évolution rend les outputs incontrôlables avec le mode de pensée qui a crée les inputs. Ceci rend le recours à une capacité collective indispensable et ce, pour plusieurs raisons :

 

 - Elle permet de faire face collectivement à des changements qui s’accélèrent ;

- Elle permet de mobiliser des aptitudes aux potentiels divers pour créer une alchimie collective. 

- Elle permet de pallier l’indispensabilité, l’irresponsabilité et le narcissisme excessif qui relèvent le plus souvent de fantasmes individuels et collectifs.

 

 

 Notre capacité à contribuer à cet édifice peut se situer à un niveau local ou régional mais la tendance est telle qu’on ne pourra échapper à une mise à contribution sur l’échelle universelle.

 

 

 

** Iconographie : La Gerbe (The Sheaf)
Henri Matisse – 1953 

 

al_st_exupery07_le_petit_prince_1__3“Etre homme, c’est précisément être responsable. C’est sentir, en posant sa pierre, que l’on contribue à bâtir le monde.” [Antoine de Saint-Exupéry]

 

 

Contribution de Christian Gatard * :

Bonjour à tous, 

Je soumets à notre réflexion commune trois thèmes qui illustrent le sujet : le jeu (et ce qu’il va devenir), les mythes d’origines, les flux de savoir (les réseaux) je les poste par étapes parce que le système ne prend pas tous en même temps

stmmorpgLe jeu
Les MMORPG (massively multiplayer online role-playing game) changent la donne. Ils vont vite cesser d’être réservés à des cohortes adolescentes. Les « espaces mentaux partagés » des mondes imaginaires dont ces jeux s’inspirent , sont des lieux et des moments d’intenses coopérations et collaborations : des territoires d’intelligence collective. Les hiérarchies s’y effacent partiellement au profit d’interactions transversales, le collectif l’emporte au détriment de l’ego, des comportements basés sur le réseau et le partage s’imposent face aux égoïsmes et aux réflexes de compétition. Ces jeux n’ont d’ailleurs pas pour finalité la victoire de l’un ou de l’autre, mais bien le temps passé ensemble à s’amuser et demain à oeuvrer ensemble. L’unique but est le plaisir, le maintien du processus de création collectif et d’une intersubjectivité forte.

ny_futurLe mythe
La théorie Cuiva de la reproduction veut que la vie soit cyclique. L’origine de la société n’est pas le fait d’un héros culturel ou d’un couple mythique, mais l’émergence collective de toute la société qui se reproduit depuis et pour toujours. Les âmes des morts reviennent après peu donner la vie aux nouveaux-nés, ce qui implique que ces morts sont très vite oubliés puisqu’ils n’existent pas dans un quelconque ailleurs, mais bien parmi nous. Ce qui implique aussi qu’il serait inconcevable de croire les vieillards sur le point de se séparer de nous et de quitter la société.

peer-to-peer1Le réseau
Les réseaux sociaux, les blogs incarnent une nouvelle alchimie relationnelle – le peer to peer – qui est une démarche plus ciblée que celles des medias grand public. Wikipedia offre une plate-forme universelle – forcément sujette à polémique – qui tend à se substituer aux organes officiels du savoir. Autrement dit le registre de l’émancipation est celui de la remise en cause radicale de l’ordre descendant du savoir. Le lien du collectif est horizontal.

Pour conclure on peut espérer que le moi de chacun, en se creusant, débouche sur le nous .
Et pour finir une réponse à Karim : il y a là, sans doute, quelque chose de la noosphère de Teilhard de Chardin : cette « pellicule de pensée enveloppant la Terre, formée des communications humaines ».

* Christian Gatard est sociologue et sémiologue.

 

Videos :

 >> Collective Intelligence – The Vision :

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>> Définition des réseaux sociaux

social-network

 

 

 

 >> West Arena : Jeux en réseau

wow

 

 

 

Liens/Links :

>> L’intelligence collective : Une nouvelle utopie de la communication : http://membres.lycos.fr/natvidal/levy.htm
>> La procréation dans les mythes contemporains : une histoire de science-fiction :  http://www.revue-Inedits/Moisseeff_Mythes.html
>> L’intelligence collective des insectes :   http://www.archipress.org/ts/deneubourg.htm